La marque - Un motif, un produit

Toile de Jouy - Oiseaux et branches fleuries

Les motifs d’oiseaux posés sur des branchages fleuris sont inspirés du dessin de la toile de Jouy « Oiseaux perchés sur un arbre fleuri », qui se rapproche des cotonnades anglaises éditées à la même période. Une charmante et délicate représentation dont le décor peut se marier aisément avec d'autres motifs en tous genres.

De tous temps, les artistes ont utilisé le monde végétal dans leur processus de création. Le XVIIIe siècle voit apparaître un intérêt nouveau pour la botanique auprès du plus grand nombre. Les motifs de fleurs sont courants et très appréciés, surtout dans le domaine des arts décoratifs. Les abondantes variétés de fleurs existantes en font une incroyable source d'inspiration pour les dessinateurs de la manufacture de Jouy-en-Josas, puisant dans les recueils de fleurs, à l'image de ceux rassemblant les célèbres aquarelles de Redouté. Les possibilités sont innombrables : les fleurs peuvent aussi bien être reproduites à l'identique pour un rendu des plus naturalistes dans la veine du courant Rousseauiste ; simplifiées et stylisées ; ou bien directement sorties de l'imaginaire des dessinateurs.

Toile de Jouy - La liberté américaine

Le dessin de cette toile de Jouy figure parmi l'un des premiers réalisé par Jean-Baptiste Huet pour la Manufacture de Jouy-en-Josas. « La liberté américaine » évoque la guerre d'Indépendance, à travers la présence de deux médaillons discrets. Cet événement fut célébré à travers de nombreuses gravures, peintures et médailles, à une période de l'Histoire où le peuple français entre en révolution pour défendre ses propres idéaux. Le visage de profil du premier médaillon, avec son bonnet phrygien si symbolique, est une allégorie de la liberté. Le second médaillon représente Hercule, sous la forme d'un enfant, protégé de l'attaque d'un léopard par la déesse Minerve. Là encore, il s'agit d'une allégorie et ce que nous voyons montre de manière dissimulée la France défendant les États-Unis face à l'Angleterre. Le reste de la toile n'a rien à voir avec ce thème historique populaire, qui d'ailleurs ne figurait pas sur le dessin original de Jean-Baptiste Huet. L'essentiel du motif est constitué de deux grandes scènes, rappelant le style des paysages flamands, dans lesquelles plusieurs personnages s'adonnent aux activités de la vie à la campagne, entourés de nombreux animaux. Rinceaux de feuilles d'acanthe, pampres, rubans et paniers fleuris encadrent ces scènes champêtres.

Toile de Jouy - Les Indiennes

A l'origine, ces toiles de coton peintes à la main ou imprimées étaient issues de l'artisanat des Indes et importées dès la fin du XVIe siècle sur notre continent, afin de satisfaire le goût pour l'exotisme des européens. Répondant à la forte demande du marché, la Manufacture de Jouy se lança à la fin du XVIIIe siècle dans une importante production française d'Indiennes, parfois également appelées Perses, et alors imprimées à la planche de bois. Des milliers de motifs furent alors créés par les dessinateurs de la Manufacture et conservés aujourd'hui au Musée. Le charme et la particularité des Indiennes de Jouy reposent sur la vivacité des coloris, nombreux et variés ; la végétation fantaisiste d'inspiration orientale aux proportions délibérément exagérées ; les fleurs stylisées avec leurs pétales et feuilles aux contours dentelés si caractéristiques ; la richesse de la composition, rythmée par les tiges ondulantes ; tout en conservant un esthétisme élégant et raffiné.

Toile de Jouy - Délices des quatre saisons

Les quatre saisons sont illustrées dans des saynètes où évoluent personnages et animaux dans des activités de la campagne. Les vendanges pour l'automne, de la récolte du raisin jusqu'au foulage en pressoir. Pour l'hiver, place à l'amusement avec un traîneau glissant sur la neige et des patineurs peu habiles. Au printemps, la renaissance de la nature donne lieu à une fête au cours de laquelle des couples dansent joyeusement autour d'un arbre de mai, au son d'un joueur de flûte et accompagnés d'amours virevoltants. Enfin l'été est le temps de la moisson, de la pêche et des repas champêtres. C'est au dessinateur Jean-Baptiste Huet que l'on doit cette représentation plaisante. La toile de Jouy originale porte le nom de « Délice des quatre saisons ». Le nom seul est une invitation à se laisser charmer par le décor bucolique. La légèreté des motifs, comme un véritable enchantement des sens, nous transporte avec allégresse. Il suffirait de fermer les yeux pour entendre les notes enjoués des concertos pour violon de Vivaldi sur le même thème.

Toile de Jouy - Scènes galantes

Si les scènes galantes sont souvent dépeintes dans les arts décoratifs du XVIIIe siècle, on pourrait croire qu'il en est de même sur les toiles de la manufacture de Jouy en Josas. Or, il en existe très peu de représentations sur celles-ci. Les tableaux d'Antoine Watteau, de François Boucher ou encore de Jean-Honoré Fragonard ont servi de modèles pour l'élaboration de ces quelques rares dessins. Évoluant au milieu d'une nature luxuriante, de jardins clos ou de parcs arborés, les personnages sont représentés élégamment vêtus à la mode de l'époque, s'adonnant avec délice au jeu de la séduction et de l'amour. Les scènes illustrent un érotisme suggéré et laissent libre court à l'imagination de chacun. Symboles d'une vie insouciante et agréable, les personnages sont rayonnants de bonheur. Ils dansent, font de la musique, savourent pleinement les plaisirs de la nature. Autour d'eux, des oiseaux virevoltent, faisant écho à la légèreté de leurs badinages. Un bateau s'éloignent avec un groupe à son bord, comme une référence aux tableaux Le pèlerinage à l'île de Cythère de Watteau ou plus tardivement L'Île d'amour de Fragonard.

Toile de Jouy - Diane Chasseresse

La toile de Jouy utilisée pour ce coussin est couramment appelée « Diane chasseresse » en raison de la représentation de la déesse. Mais la toile était en réalité vendue lors de sa commercialisation au début du XIXe siècle sous le nom du « lion enchaîné » ou de « l’Éléphant », faisant ainsi référence à d'autres motifs visibles sur ce dessin que l'on doit à Jean-Baptiste Huet. Des médaillons de formes diverses structurent la composition de l'ensemble et encadrent des scènes paysagères dans lesquelles figurent éléments d'architectures, végétation abondante et animaux de la ferme. Sujets mythologiques, allégories et divinités, ornent les médaillons de cette toile dans le style de la mode à l'antique. On y retrouve la déesse de la chasse, Diane dans la mythologie romaine ou Artémis pour les grecs, représentée comme de coutume armée d'un arc et de flèches, et accompagnée ici d'un chien aux aguets. Pour compléter le décor, de nombreux animaux sont représentés : le lion enchaîné ainsi que l'éléphant dompté bien sûr, mais également des cygnes adossés, des oiseaux tenant en leurs becs une couronne végétale, des lapins ou encore un sanglier fuyant.

Toile de Jouy - Paon dans les ruines

Le dessin de cette toile de coton imprimée est une reproduction d'une toile éditée au XIXe siècle. Un élégant et majestueux paon y figure, perché sur un fin treillage en forme de gracieuse volute. Il prend place au milieu d'un jardin somptueusement fleuri. Plusieurs variétés de fleurs sont représentées autour de l'oiseau : églantines, clématites, marguerites et nénuphars. Ce motif n'est pas sans rappeler celui d'une autre toile, plus célèbre, appelée « Le paon dans les ruines », imprimée au XVIIIe siècle par la manufacture anglaise Robert Jones & Cie. La toile eut beaucoup de succès à l'époque et fut copiée par d'autres manufactures, comme celle de Munster en Alsace. Le paon fascine, notamment en raison de sa beauté singulière et de son aura mystérieuse. De nombreux artistes s'en sont inspirés, en particulier pendant la période Art nouveau. Il est évoqué dans la mythologie gréco-romaine, où il est associé à la déesse Héra/Junon. Dans les pays occidentaux, cet oiseau est symbole d'immortalité et d'exotisme, tandis qu'en Inde, il est considéré comme un animal sacré et le vénérer favorise la fertilité des terres de culture.

Toile de Jouy - Les Mignonettes

Un semi de fleurs stylisées et colorées se présentent sur un fond discret d'écailles picotées, tandis qu'une frise végétale simple vient souligner discrètement le haut de la bougie. Le motif s'inscrit dans la tradition des mignonnettes, également appelées miniatures. Ces toiles aux dessins de petites dimensions représentaient la production courante de la Manufacture et aussi la part la plus importante de celle-ci. Les décors, qui s'inspirent des formes géométriques et de la nature environnante, étaient imprimés à la planche de bois sur des cotonnades ou des siamoises (mélange de coton et de lin) et utilisés aussi bien pour l'habillement qu'en ameublement. Le fond picoté est caractéristique de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Ses déclinaisons sont nombreuses : fonds noirs ou rouges, picots de grosseur variable disposés librement ou organisés selon le motif choisi. Des losanges aux feuillages, les sources d'inspiration sont multiples. Les écailles, empruntant à la fois au répertoire exotique et maritime, sont ici associées à des fleurs, motif récurrent et très prisé par les dessinateurs de la Manufacture.

Toile de Jouy - Scènes Pastorales

Les scènes pastorales étaient très prisées au XVIIIe siècle et de nombreuses toiles imprimées par la manufacture de Jouy-en-Josas en sont ornées. Ce motif trouve son inspiration dans la vie à la campagne, mettant en scène divers personnages dans leurs activités quotidiennes, au milieu d'un paisible paysage champêtre. Jean-Baptiste Huet, peintre reconnu et dessinateur pour la manufacture, affectionnait particulièrement la représentation des joies simples de la vie rurale. Parmi ses créations les plus connues, on citera « Les occupations de la ferme », « L'offrande à l'amour » et « Les plaisirs de la campagne » comme typiques du style pastoral. Sur ces toiles, c'est une représentation très éloignée de la réalité qui est montrée. Les personnages, vêtus élégamment et à la mode de l'époque, évoluent dans un décor idyllique où la végétation côtoie des ruines énigmatiques. Bergers, fermières, musiciens, enfants, sont illustrés et témoignent d'une insouciante légèreté, symboles d'une vie heureuse loin de l'agitation des villes. Volailles, bovins, chiens, et autres animaux de la ferme ne sont pas oubliés et tiennent également une place importante dans la composition de ces décors charmants.

Toile de Jouy - L’Escarpolette

Représentation d'une scène galante, ce thème était très apprécié au XVIIIe siècle dans les arts décoratifs. L'escarpolette est le nom de la balançoire suspendue par des cordes, prétexte à des jeux de séduction. La jeune fille assise sur l'escarpolette se laissait guider par son prétendant, dans un mouvement de va-et-vient significatif. Le dessin de la toile originale est signé par Jean-Baptiste Huet. Imprimée par la Manufacture de Jouy-en-Josas à la fin du XVIIIe siècle, le décor est grandiose et l'ornementation riche en détails. Dans le goût des arabesques, guirlandes végétales et rinceaux de feuilles d'acanthes prolifèrent et viennent encadrer les diverses scènes. Outre l'escarpolette, le dessinateur a placé des représentations animales, sujet qu'il affectionnait, reprenant ses propres créations ou s'inspirant des fables de La Fontaine. Le décor revisité pour cette trousse reprend les éléments clés de la toile authentique, pour une adaptation romantique. On retrouve la jeune fille sur sa balançoire dans un jardin à la végétation luxuriante. Amour, papillon, colombe, paon et couronnes de fleurs complètent le décor, ajoutant encore une touche de douceur et de volupté à la scène.

Toile de Jouy - Chinoiseries

Cette toile imprimée est une réédition d'un motif du XIXe siècle, s'inspirant lui-même des chinoiseries du XVIIIe siècle de l'ornemaniste Jean-Baptiste Pillement. Peintre du roi de Pologne et de la reine Marie-Antoinette, il est aussi bien connu pour ses charmants paysages que pour ses dessins d'une Chine fantasmée. Ces derniers, réunis en recueils de gravures, ont bien souvent servi de sources d'inspiration dans le domaine des arts décoratifs et plus particulièrement pour les textiles : tapisseries d'Aubusson, soieries de Lyon ou encore toiles de Jouy. Ce sont quatre scènes qui se répètent ici, encadrées par des éléments de décor mêlant verdure et branchages dans le pur style rocaille. Un discret arrière-plan vient apporter un peu de profondeur à l'ensemble. Un personnage différent y est mis à l'honneur dans chacune d'entre elles. La mode des chinoiseries donne à voir des scènes légères et insouciantes sur fond d'exotisme fantaisiste. Figures, animaux et végétaux sont issus d'un incroyable mais plaisant monde imaginaire. Ces motifs aériens ne respectent ni proportions ni véracité historique, leur unique but étant de divertir le regard et d'inciter à la rêverie.

Toile de Jouy - Médaillons et cartouches à l’antique

Médaillons et cartouches à l'antique sont le sujet de la toile de Jouy qui vient orner cette paire de babouches. Divinités de la mythologie gréco-romaine y côtoient des animaux et créatures énigmatiques, entourés de pampres ondulantes. Ce motif typique du XIXe siècle témoigne du goût pour l'antique à cette époque, enthousiasme provoqué par la découverte des ruines de Pompei et Herculaneum.